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Page 1 sur 4 ![]() Des appels pour des abandons, des errances ou des maltraitances nous arrivent quotidiennement. J'ouvre ici une petite parenthèse pour souligner que nous avons de plus en plus d'appels infondés. Nous nous déplaçons alors pour rien, parfois nous allons très loin, nous faisons des centaines de kilomètres dans la journée, usant notre temps, notre énergie (qui nous seraient bien utiles au Refuge) et notre essence pour rien du tout, pour constater une fois sur place que les personnes qui nous ont téléphoné ont volontairement exagéré la situation ou qu'ils se sont servi de l'association pour embêter leurs voisins. Malgré tout, certains signalements demeurent sérieux... C'est ainsi qu'en un peu plus de deux ans d'existence, le Refuge a accueilli, sauvé, soigné plus de 500 animaux. Certaines affaires étaient symptomatiques de la manière dont est envisagé, pensé et traité l'animal (qu'il soit de ferme ou de compagnie) dans nos sociétés occidentales. Une des premières affaires a concerné Peluche, un petit âne gris d'environ dix ans, trouvé dans un état tellement pitoyable - manque de nourriture et de soins flagrant - qu'il a failli ne pas survivre. Il avait servi à «distraire» les pensionnaires d'une maison de retraite avant d'être progressivement laissé dans un état d'abandon total - ses sabots n'étaient plus parés, et les affreuses «babouches» qui lui tenaient lieu de pieds l'empêchaient de se déplacer. Lorsque le Refuge est intervenu, l'abattoir était son horizon le plus proche. Racheté par l'association, soigné, nourri, il a depuis retrouvé une joie de vivre. ![]() A l'occasion de l'Aïd El Kébir 2005, une équipe du refuge de l'Arche de Noé a effectué des tournées sur les différents sites susceptibles de servir de lieux d'abattage clandestins. Plusieurs infractions ont été relevées et transmises à l'OABA, qui s'est chargée de porter plainte. L'affaire des moutons de Kolbsheim a mobilisé un temps les ressources d'un certain nombre de membres du Refuge. Un article dans la presse locale (Dernières Nouvelles d'Alsace) a relaté les faits. Un éleveur du secteur laissait périr ses bêtes sur leur pâture. Des riverains avaient alerté la commune, avant de s'adresser au Refuge. Sur place, Hugues Lentz a découvert des moutons dans un état sanitaire déplorable. Ils n'avaient pas été tondus, leurs tests de brucellose n'étaient pas en règle, ils étaient parasités, assoiffés, malades au point que certaines brebis tombaient pour ne plus se relever. Des cadavres jonchaient la pâture, de même que l'étable de l'éleveur, qui ne prenait pas la peine de prévenir l'équarrissage lorsque ses animaux venaient à succomber à leur mauvais état général. Un arrêté préfectoral a immédiatement été pris, une plainte a été déposée et l'éleveur s'est vu signifier une convocation au tribunal ainsi que l'obligation de mise en conformité de son cheptel. Il a depuis été jugé par un tribunal de police, qui ne lui a malheureusement pas interdit de poursuivre son activité. Cet automne, nous sommes à nouveau confrontés à de graves problèmes avec ses troupeaux... L'histoire d'Othello le veau est elle aussi édifiante, et révélatrice de la manière dont certains éleveurs traitent les animaux qui les font vivre. Agé d'à peine quelques semaines, le petit Othello souffrait d'une fracture de l'antérieur droit (sa mère s'était accidentellement couchée sur lui). Lorsque le Refuge est intervenu pour sauver Othello, sa lésion était considérablement infectée, ce qui se traduisait par de violents accès de fièvre. Selon le vétérinaire, le petit bovin aurait rapidement succombé à une septicémie si les soins adéquats ne lui avaient pas été prodigués. Après réduction de la fracture, pose d'une prothèse en résine et traitement antibiotique adapté, Othello s'est remis. Il a aujourd'hui intégré une ferme éducative, à Romanswiller, où il devrait couler des jours heureux, entouré de l'affection qui lui a tant manqué dans ses premiers mois. ![]() L'affaire de Cosswiller a mobilisé plusieurs bénévoles durant de longues semaines. Alertée, l'association s'est rendue chez un éleveur de Cosswiller, un petit village alsacien. Les bénévoles, accompagnés de deux gendarmes, y ont découvert un troupeau de moutons et de chèvres enfermé dans une grange transformée en stabulations. Les animaux n'avaient ni eau ni fourrage, et les lieux étaient abondamment souillés. Le propriétaire, absent lors de la visite, n'avait pas nourri ses animaux depuis plusieurs jours. L'épouse, présente, expliqua que les animaux étaient à son mari et qu'il n'était pas de son devoir à elle de les nourrir. Trois cochons faméliques tournaient en rond dans des réduits sordides. Des clapiers apparemment vides étaient en réalité jonchés de cadavres de lapins, morts de faim, alors que des sacs entiers de nourriture pourrissaient non loin. D'autres cadavres étaient entassés dans un coin, certains difficilement identifiables. Le procureur de la République a été immédiatement prévenu et le Refuge a été chargé de s'occuper des animaux survivants en attendant qu'une décision soit prise. C'est ainsi que, durant plusieurs semaines, Hugues s'est rendu quotidiennement sur place, pour nourrir et abreuver les bêtes. L'éleveur incriminé a finalement été condamné, à l'issue du procès, à une interdiction de détenir des animaux pour une durée de dix ans. En avril 2005, le Refuge s'est occupé d'une intervention particulièrement longue et pénible concernant un troupeau d'une quinzaine d'équidés en divagation dans les Vosges . Deux jours ont été nécessaires pour récupérer tous les animaux, semi-sauvages, qui vivaient dans un état d'abandon, de crasse et de sous-alimentation effroyables. Les membres de l'association qui se sont rendus sur place pour chercher les animaux (des chevaux, des poneys, une mule et une chèvre) ont découvert des cadavres de poneys et de chiens dans le fumier, de même que des ossements (crâne de chien et fémur de cheval) sur la pâture des équidés. Les juments suitées étaient toutes de nouveau pleines et toutes les bêtes souffraient d'affection de la peau qui nécessiteront encore de longs mois de soins. La SPA est intervenue en même temps que le Refuge. Elle a récupéré 8 chiens, tous dans le même état de parasitage et de sous-nutrition que les équidés. Face à l'horreur de la situation, une réunion de travail a dû être organisée, qui a vu le sous-préfet de Molsheim, le maire de la commune concernée, la DSV (Direction des services vétérinaires), le Refuge de l'Arche de Noé et la SPA confronter leurs points de vue afin de trouver une solution rapide pour ces pauvres animaux. Le jugement a eu lieu le mercredi 19 octobre 2005 : malgré son grand âge, la propriétaire des animaux a été condamnée à 4 mois de prison avec sursis, interdition définitive de détenir un animal, quel qu'il soit, et presque 14 000 euros d'amendes diverses (3000 euros d'amende pénale, puis des amendes pour les associations, le Refuge, l'OABA, la Ligue pour la protection du cheval et la SPA de Strasbourg). Fin mai, une jument a été récupérée dans une forêt des contreforts vosgiens par le Refuge. Elle était en divagation depuis un mois, vraisemblement abandonnée par ses propriétaires - phénomène récent, les abandons de chevaux semblent se multiplier, prenant le même visage que celui des chiens et des chats en été. La jolie Chamane, qui n'est que calme, douceur et gentillesse, fait aujourd'hui le bonheur d'Isabelle, sa nouvelle propriétaire. ![]() Chamane, la jument d'Isabelle... |
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Refuge de l'Arche de Noe, 23 rue Haute, 67120 ERNOLSHEIM-SUR BRUCHE
www.refugenoe.fr
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